Combien coûte un site pour food truck ? (la vraie réponse)
Un food-trucker depuis 8 ans détaille le vrai coût d'un site : les prix du marché, mais surtout ce que ça coûte de ne pas en avoir.
Je vais répondre à la question. Mais avant, il faut qu'on parle du prix que tu paies déjà.
Parce que quand un food-trucker me demande « combien coûte un site », il compare toujours ce chiffre à zéro. Comme si ne rien faire était gratuit. Ça ne l'est pas. Et je suis bien placé pour le dire : j'ai passé des dizaines d'heures, étalées sur des semaines, à me battre avec des outils censés être simples. Des soirées entières après le service. Pour un résultat qui, honnêtement, ne m'a jamais rapporté un client.
Le coût que personne ne compte
Fais l'exercice avec moi. Sur les douze derniers mois :
Les devis faits à la main, le soir. Tu rentres du service, tu es cassé, et il faut encore répondre à cette demande de mariage. Tu ouvres Word. Tu cherches le devis du mois dernier pour le recopier. Tu changes les chiffres. Tu te trompes. Tu recommences. Compte trente minutes par devis, et sois honnête sur le nombre de devis que tu fais dans l'année.
Les mêmes questions, en boucle, en message privé. « Vous faites quelle zone ? » « C'est combien pour 80 personnes ? » « Vous êtes dispo le 14 juin ? » Tu réponds. Vingt fois par mois. La même chose. À des gens qui, pour la moitié, ne donneront jamais suite.
Les événements qui te passent sous le nez. Celui-là, il est invisible, et c'est le plus cher. Un couple cherche un food truck pour son mariage. Il tape « food truck mariage » et le nom de sa région sur Google. Il tombe sur trois camions. Pas le tien. Tu n'as pas perdu ce client : tu n'as jamais su qu'il existait.
Et le temps. Le tien. Celui que tu passes à bricoler une solution au lieu de cuisiner, de prospecter, ou juste de dormir.
Additionne. Même à la louche. Tu vas voir que le chiffre fait mal.
Maintenant, les prix du marché
Trois options existent, et elles se valent moins qu'on le croit.
Le faire soi-même (Wix, Squarespace, WordPress) — 15 à 30 € par mois.
Sur le papier, c'est l'option maligne. Dans les faits, c'est celle qui m'a coûté le plus cher. Pas en euros : en temps. Ces outils sont conçus pour être « faciles », ce qui veut dire qu'on peut tout faire, donc qu'on passe des heures à déplacer des blocs. Et au bout du compte, on obtient un site qui ressemble à un site — mais qui ne fait rien. Pas de devis automatique. Pas de référencement local sérieux. Pas de réservation. Une jolie vitrine que personne ne trouve.
C'est là que je vois le plus de food-truckers se faire avoir. Pas par un vendeur : par eux-mêmes, avec les meilleures intentions du monde.
Une agence web — 2 000 à 5 000 €, parfois plus.
Ce n'est pas du vol. Une agence facture du temps de travail, et une agence sérieuse fait du bon travail. Le problème est ailleurs : elle ne connaît pas ton métier. Elle va te livrer un beau site, et il te manquera exactement les trois choses dont tu as besoin — les devis, la tournée, la réservation d'événements. Parce qu'il aurait fallu être food-trucker pour savoir que c'est là que ça se joue.
Un site pensé pour les food trucks — quelques centaines d'euros, plus un abonnement.
C'est ce que je fais, alors prends-le pour ce que ça vaut : mes formules démarrent à 389 € à la création, plus 19,90 € par mois pour l'hébergement et la maintenance. Je te donne le chiffre parce que le cacher serait absurde dans un article qui parle de prix.
Ce qui change vraiment le calcul
Le prix n'est pas le bon critère. La bonne question, c'est : est-ce que ça rentre dans mes poches plus que ça n'en sort ?
Un site qui te fait gagner un seul mariage dans l'année est déjà largement remboursé. Un devis qui part en cinq minutes depuis ton téléphone, au lieu d'une demi-heure le soir, te rend des dizaines d'heures. Un site qu'on trouve quand quelqu'un cherche « food truck mariage » dans ta région te met devant des clients que tu n'aurais jamais croisés autrement.
Et je précise, parce que c'est important : une page Facebook ne fait aucune de ces trois choses. Elle est utile pour tes habitués, et il faut la garder. Mais ce n'est pas un site. Elle ne te met pas sur Google, elle ne fait pas tes devis, et elle appartient à quelqu'un d'autre.
Le piège du vieux site
Un mot pour ceux qui me disent « j'en ai déjà un ».
C'est le cas le plus fréquent chez les food-truckers que je croise : un site fait il y a quatre ans, jamais mis à jour, illisible sur téléphone, qui affiche encore le menu d'avant-covid. Ce site-là ne te sert à rien — et pire, il peut te desservir. Un client qui tombe dessus se dit que tu n'es plus en activité.
Un site n'est pas une plaque qu'on visse une fois. C'est un outil. S'il ne travaille pas pour toi, il ne vaut pas mieux que rien.
Alors, combien ?
La vraie réponse, la voilà : un site coûte moins cher que ce que tu perds sans. Pas parce que je vends des sites, mais parce que j'ai fait le calcul pour moi-même, et qu'il n'était pas beau à voir.
Le seul conseil que je te donnerais si tu n'achètes rien chez moi : ne perds pas tes soirées sur un constructeur de site. Ce n'est pas là qu'est ta valeur. Ta valeur, elle est dans ce que tu cuisines et dans les gens que tu sers.